1927
JANVIER
2 janvier
Dimanche. Culte. L’enseignant et les écoliers un peu plus âgés font tout ce qu’ils peuvent et semblent partager la responsabilité et les soins pour l’œuvre de Dieu dans ces contrées. Très souvent, ils vont spontanément dans les villages tout autour pour prêcher l’évangile.
3 janvier
Aujourd’hui, 15 porteurs ont été envoyés à Indo pour chercher Eva Andersson.
8 janvier
Les travaux intérieurs continuent dans la chambre d’Eva. La couverture du toit de la villa progresse aussi. Il n’est pourtant pas toujours facile de trouver ce qu’il faut pour le couvrir.
L’école compte maintenant entre 70 et 80 enfants.
24 janvier
Vers une heure, il y eut un grand bruit dans la cour de la station. Les enfants avaient entendu souffler dans une corne de porteur, et ils étaient to1ut à fait sûrs que c’étaient les porteurs d’Eva Andersson qui s’approchaient. Après une heure, elle est arrivée. De bonne santé et contente d’être arrivée. Mais les porteurs avaient pris beaucoup de temps pour arriver à Indo. Pour y arriver ils avaient mis 12 jours. Mais pour rentrer seulement 8 jours. Les Bayaka mettent souvent 2 à 3 semaines.
30 janvier
Culte dans la matinée. Nilsson a prêché après quoi Eva Andersson a transmis des salutations et parlé quelque temps devant la grande foule. Une école du Dimanche a commencé pour les candidates au baptême. C’est une suite de l’école de femmes tenue ici déjà à l’époque des Ålin, mais pour l’instant tenue seulement le dimanche étant donné que les femmes sont occupées les autres jours de la semaine par le travail au champ. Aujourd’hui, 19 nouvelles femmes sont venues témoigner de leur volonté de suivre le Seigneur.
MARS
12 mars
Les travaux ont commencé pour élargir les plantations de bananes à la lisière de la forêt.
Une lettre est venue de N’Tima annonçant le changement imminent d’administrateur. Dans la même lettre on a parlé de notre demande de recevoir des droits scolaires qui avait été envoyée de Pointe Noire à Brazzaville avec « mention favorable ».
19 mars
Les écoliers qui étaient présents ici le semestre passé avant le départ de Ålin ont reçu un pagne et une chemise. Ceux qui sont arrivés seulement après l’arrivée de Nilsson n’ont reçu qu’un pagne moins cher pour ne pas devoir se promener tout nus. Ils ne recevront leurs habits pour ce semestre qu’à la fin de celui-ci.
21 mars
Nilsson s’en va à midi pour une tournée dans les villages les plus proches.
25 mars
Nilsson rentre dans la matinée. L’itinéraire prévu était le suivant : Nkayibinda – Matadi – Koubambi -Loubamba – Loubetsi. La route qui avait existé depuis Matadi à Koubambi était maintenant envahie par la végétation et les villages déplacés vers la grande route. Ainsi, l’itinéraire après Matadi a été changé pour Ngonzo au troisième jour, et de là à Loubamba et puis Loubetsi. Partout, nous avons constaté qu’il y avait la soif de l’évangile. Les gens écoutent volontiers et avec receuillement, mais ils préfèrent écouter l’homme blanc. Cela s’explique peut-être par le fait qu’il n’y a pas encore de grands prédicateurs parmi les indigènes.
A Matadi, un écolier un peu plus âgé, qui noua a accompagné, a parlé. Il a parlé assez longtemps et très bien. Après lui, je n’avais pas l’intention de parler moi aussi, mais les gens voulaient entendre encore plus. Nilsson a alors parlé longuement, sans que les gens se fatiguent. C’était le même village où les gens se sont cachés quand nous sommes venus, pour ne pas avoir à écouter ce que nous disions.
Depuis Matadi nous sommes allées à Ngonzo. En arrivant à Nahibinda les gens au village nous ont demandés d’y passer la nuit pour qu’ils puissent nous entendre encore plus. Nous y étions passés le premier jour du voyage. Mais nous avons continué vers Ngonzo.
Dans ce village, notre culte du soir a été dérangé par un grand orage, et nous avons dû l’interrompre. Le lendemain matin, nous avons réuni autant de gens que possible pour un moment de prière avant de partir.
A Loubamba on nous a donné un très bon accueil. Le chef n’était pas là pour le moment, mais il est venu après. Le culte du soir a réuni une grande foule de gens. Le prédicateur indigène a donné une telle prédication sur l’enfer que certains ont été énervés. Quand il a fini son sermon, un des participants s’est mis debout pour s’en aller, encourageant les autres à faire de même. Mais ils sont restés sur place. L’inquiétude fut dissipée quand Nilsson a commencé à parler. Quand il a fini, les gens ont demandé qu’il continue, ce qu’il a aussi fait. A la fin, les plus petits s’étaient endormis sur le genou de leurs mamans. On s’est séparés dans la meilleure ambiance.
Au retour à la station tout était en ordre, sauf que mon épouse était très enrhumée. Elle avait été alitée pendant quelques jour, mais maintenant elle allait un peu mieux.